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Audit de marchabilité, sécurité routière et trajets piétons: une étude comparative pour des piétons âgés à Lille, France

Version 1
Date ajoutée 27 juin 2017
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Catégorie 2017 CARSP XXVII Toronto
Tags Research and Evaluation, Session 4B
Author/Auteur Marie-Soleil Cloutier
Stream/Volet Research and Evaluation
Slidedeck Presentation Only (no paper submitted)(in English)

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Abstract

La mobilité piétonne des ainés se distingue par une diminution du nombre de déplacement et des distances parcourues, notamment chez les très âgés (plus de 75 ans). La marche s’impose alors comme mode de déplacement alternatif (à la voiture) et sa valorisation auprès des ainés représente une voie vers une pérennité de la socialisation et une plus grande autonomie, gage d’un vieillissement en santé. Par contre, cette valorisation devrait s’appuyer sur une évaluation des environnements urbains bâtis de façon à mieux documenter les (in)adéquations entre ceux-ci et les besoins et habitudes de déplacement des piétons âgés. L’objectif de ce projet de recherche est de comparer les résultats d’un audit piétonnier adapté aux besoins des piétons âgés et le tracé de trajets réellement empruntés par des ainés, tous deux effectués dans un quartier de la communauté métropolitaine de Lille, en France : est-ce que les piétons âgés empruntent des trajets où les conditions de marche sont les meilleures? La méthodologie en quatre étapes repose sur 1) une revue de la documentation sur les audits de marchabilité menant à la création d’un audit propre aux ainés incluant trois dimensions : la sécurité (incluant la configuration des traversées); l’accessibilité (aux commerces et services) et la qualité des rues (attractivité et esthétisme), 2) la collecte de données avec la grille d’audit effectuée sur tous les tronçons de rue dans une zone de 600 mètres autour d’une station de métro, 3) la recension de trajets faits par des ainés via des observations non-participantes (suivi sur rue jusqu’à destination ou un maximum de 6 minutes) colligées sur carte par la suite, et 4) l’analyse croisée des deux sources de données. Les résultats illustrent que les scores de marchabilité du quartier à l’étude sont très inégaux d’un tronçon à l’autre, conduisant à peu de continuité dans les trajets empruntés. Par exemple, les rues ayant un score de sécurité routière faible sont presque toutes à double-sens, plusieurs tronçons n’ont pas de traversées piétonnes marquées et les trottoirs y sont étroit et encombrés. Nos comparaisons ont aussi démontré que les tronçons les plus fréquentés par les aînés lors des suivis furtifs ont des niveaux de marchabilité moyens, incluant la dimension sécurité routière. Quant aux tronçons les moins fréquentés, la marchabilité y est assez diversifiée, passant par les trois catégories (faible, moyenne ou bonne). Il semble donc que les trajets empruntés par les piétons âgés ne soient ni les meilleurs ni les pires, du moins si on les compare aux résultats de l’audit de marchabilité. Ces résultats sont révélateurs de la qualité de l’urbain et seront discutés à la lumière des pratiques d’urbanisme et de transport actuelles, en particulier aux intersections. Assurer une continuité de la trame viaire pour les piétons les plus vulnérables nous semble un élément peu exploré par les planificateurs urbains. L’exemple des points chauds d’insécurité (routière) que l’on améliore sous le principe « d’acupuncture urbaine » ne semble pas assez en soi, si nous voulons assurer une meilleure accessibilité à la ville à pied pour tous.

Marie-Soleil Cloutier