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Réduire la vitesse à 30 km/h sur les boulevards urbains pour améliorer la sécurité des piétons : le cas de Paris (France)

Version 1
Date ajoutée 26 juin 2017
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Catégorie 2017 CARSP XXVII Toronto
Tags Research and Evaluation, Session 2C
Author/Auteur Sylvanie Godillon
Stream/Volet Research and Evaluation

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2C_4_Godillon

Abstract

La Ville de Paris est engagée depuis le début des années 2000 dans une politique en faveur des piétons : requalification des voies sur berges pour les piétons, fermeture de certaines voies à la circulation automobile le dimanche, extension de la limitation du 30 km/h et des zones de rencontres, réaménagement de places pour les piétons (comme la Place de la République), expérimentations de nouveaux marquages ou de nouveaux mobiliers urbains, etc. Dans ce contexte, la municipalité a expérimenté des limitations de vitesse à 30 km/h sur des avenues majeures accueillant un trafic automobile conséquent et une vie locale animée par des activités commerciales. En effet, ces axes concentrent une forte part des accidents impliquant un piéton. Le projet politique est ambitieux dans un contexte où les limitations de vitesse à 30 km/h concernent actuellement seulement les voies secondaires accueillant de faibles niveaux de trafic automobiles (« zones 30 »). Le bureau de recherche 6t (Paris - France) a accompagné la Ville de Paris dans le cadre d’un projet qui visait à comprendre les effets de la limitation de vitesse et des aménagements des espaces publics sur les usages des espaces par les piétons. Les actions pour apaiser le trafic ont été de réduire la vitesse règlementaire à 30 km/h et de réaménager les axes de circulation en élargissant et en surélevant les trottoirs. La méthode a combiné des observations dans une dizaine de sites différents, des entretiens semi-directifs et des questionnaires auprès d’usagers avant (17 entretiens et 504 questionnaires) et après (19 entretiens et 1 032 questionnaires) la réduction de la vitesse de circulation à 30 km/h. Les analyses ont mis en regard les différents résultats dans une perspective de comparer l’avant et l’après. Le ralentissement de vitesse sur les axes structurants n’a pas modifié la perception d’une vitesse de circulation élevée et n’a pas réduit le sentiment d’insécurité routière pour les piétons. En revanche, les aménagements ont amélioré la perception d’une facilité de traverser, ce qui est positif pour l’appropriation des espaces publics. Le succès de la mesure sur la réduction de vitesse dépend désormais de son application par des mesures de contrôle et des sanctions. La réduction de la vitesse réglementaire s’adresse à l’ensemble des usagers de modes de transport motorisés (automobile, cyclomoteurs, mais également transports en commun), ce qui n’est pas sans créer des conflits dans la mise en œuvre de la mesure. Pourtant, nos résultats tendent à démontrer que les piétons en ressortent gagnant sur certains points. Par ailleurs, le principal enjeu de cette mesure (réduire à 30 km/h) est son respect dans un contexte de divergence d’opinion entre la Ville de Paris, qui aménage les espaces publics, et la Préfecture de Police de Paris, qui réalise le contrôle de vitesse sur les axes structurants. Ce sont tous des pistes de réflexions pour les autorités publiques qui voudraient proposer de tels changements sur leurs axes structurants.