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Faible réactivité du cortisol et comportements routiers à risque sous l'effet de l'alcool chez de jeunes conducteurs

Version 1
Date ajoutée 17 juin 2014
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Catégorie 2014 CMRSC XXIV Vancouver
Tags Research and Evaluation, Session 1B
Author/Auteur Laila El Amrani, Marie Claude Ouimet, Thomas Brown, Élise Roy
Stream/Volet Research and Evaluation

Résumé

Introduction. Les accidents routiers causent plus d’un 1,2 million de décès dans le monde chaque
année et représentent une des premières causes de décès chez les personnes âgées de moins de 25
ans. Ces accidents sont souvent associés à la présence de comportements routiers à risque (CRR),
regroupant notamment la conduite avec les capacités affaiblies par l’alcool (CCA) et la vitesse.
Récemment, des études menées par notre groupe de recherche ont mis en lumière l’existence d’un
facteur psychobiologique associé aux CRR. Ces études ont démontré qu'une faible réponse au
stress, mesurable par la réactivité de l’hormone cortisol, était liée à une plus grande fréquence de
condamnations antérieures pour CCA ainsi qu’à une plus grande implication dans les accidents et
quasi-accidents. De plus, la faible réactivité du cortisol était plus fortement associée aux CRR que
d’autres caractéristiques (p. ex., problème de consommation d’alcool). Toutefois, aucune étude
n'a démontré le lien direct entre la réactivité du cortisol et la présence de CRR sous l’effet de
l’alcool.

But et hypothèse. Le but de cette étude est d'évaluer, chez les jeunes conducteurs, le lien entre la
réponse au stress et la manifestation de CRR sous l'influence de l'alcool. L'hypothèse soutient
qu'une faible réactivité du cortisol sera liée à une présence accrue de CRR sous l’effet de l’alcool
chez les jeunes conducteurs.

Méthode. Quarante participants âgés de 20 à 24 ans ont été recrutés pour cette étude. Leurs
comportements routiers sous l’effet de l’alcool (p. ex., décision e conduire, vitesse) ont été
évalués en simulation de conduite. Afin de mesurer la réactivité du cortisol, les participants ont
complété une tâche d’induction du stress standardisée et des échantillons de cortisol salivaire ont
été prélevés avant et après la tâche et l’aire sous la courbe des échantillons de cortisol a été
calculée.

Résultats. Une faible réactivité du cortisol est significativement associée à une présence plus
importante de CRR sous l’effet de l’alcool r(39) = -0,341, p = 0,036.

Implications. Les résultats ont permis d’établir une relation entre un marqueur psychobiologique
et l'implication des jeunes dans les CRR suite à la consommation d’alcool. Une meilleure
compréhension de certains sous-groupes s’engageant dans les CRR sous l’effet de l’alcool
pourrait permettre le développement d’outils d’intervention mieux adaptés à ces sous-groupes.

Laila El Amrani, Marie Claude Ouimet, Thomas Brown, Élise Roy